mercredi 11 mars 2015

Prendre conscience, et avoir envie que le monde entier sache

Je ne pense pas être de ceux qui s'insurgent pour leurs idées et les revendiquent haut et fort. Je la joue plutôt profil bas de peur de déranger, et quand le sujet ne tombe pas sur la table je n'avoue pas spontanément que je suis végétalienne. Par contre quand on me pose des questions je suis ravie d'en parler.

Pourtant il y a des jours comme ça, où mon âme de militante se réveille et où je me sens révoltée.

Contre mon père qui, un midi s'énerve : "Tu ne peux pas manger comme tout le monde non ?!" (le contexte : ma maman avait fait du couscous dans lequel la viande avait mariné avec les légumes. Bien sûr j'ai refusé de manger ces derniers lorsque je me suis rendue compte qu'ils en avait pris le goût. Berk, berk et re-berk ! Soit-dit en passant, j'aurais trouvé ce comportement ridicule il y a seulement quelques années...
La frustration de me sentir incomprise, sentir des larmes de colère me monter aux yeux et l'envie d'envoyer valser mon assiette. Ce qui m'aurait bien avancée, tiens.
C'est rare que je rencontre de telles réaction de la part de mon entourage, qui est plutôt tolérant, mais là... ça m'a un peu découragée. Je croyais qu'il avait compris, du moins accepté, que je ne veuille plus ingérer ne serait-ce qu'un minuscule bout de cadavre animal.

Contre ces publicités désinformatrices qui prônent les sacro-saints 3 produits laitiers par jours ou les "indispensables" protéines animales -entre autre-, ou le spot radio du supermarché Carrefour dans lequel une vilaine dinde annonce qu'elle a envie de fraises (cela se passe au mois de février) et que justement Carrefour en vend ! Je trouve ça irresponsable d'inciter les consommateurs à acheter des produits hors-saison qui viennent de loin, alors qu'il suffirait de patienter...

Il y a des jours où j'ai envie de m'engager et de crier "Ouvrez les yeux c'est urgent ! Les industriels n'en en rien à faire de votre bien-être. Tout ce qu'ils veulent c'est s'en mettre plein les poches". Comme tout ce que j'ai découvert ces derniers mois, j'ai envie que les gens se rendent compte de ce qui se trame derrière les rideaux, de tout ce que les lobby manigancent pour vendre toujours plus, toujours plus mal.
Plusieurs passages dans l'essai de Matthieu Ricard, notamment sur le sort des animaux, m'ont choquée et atterrée (non pas que je ne m'en doutais pas...), ce qui fait affirmer à l'auteur :
"Il suffirait sans doute à la plupart d'entre nous d'être mieux informés, et de prendre conscience de ce qui se passe tous les jours dans les élevages industriels et les abattoirs, pour que nous changions naturellement d'opinion, et même de mode de vie. Les médias, qui participent souvent à la diffusion du prêt-à-penser, n'informent guère le public, et, de toute façon, il leur serait impossible d'enquêter librement dans les abattoirs. On trouve cependant, sur Internet en particulier, des reportages montrant sans ambiguïté la réalité des lieux d'où provient la viande que nous mangeons." p. 601
"On comprend que l'égoïsme soit la règle dans les régimes totalitaires qui accordent peu de valeur à l'individu. Il se manifeste toutefois dans les pays libres et démocratiques, lorsque des groupes d'intérêt cyniques font de leur profit une priorité absolue, ignorant les conséquences néfastes de leur activité pour la population. Quand ces groupes ont sciemment recours à toutes sortes de manipulations pour préserver leurs intérêts, il est alors légitime de de parler d'égoïsme institutionnalisé." p. 613
Je vous épargne les détails sanglants et le récit de toutes ces atrocités commises sur les animaux, passages empruntées au très bon livre Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer.
Pourtant je ne suis pas irréprochable, loin de là. Je suis humaine après tout, je ne cherche pas à être parfaite mais juste à vivre le plus possible en accord avec mes convictions. Parfois je culpabilise quand j'ai conscience que je n'ai pas agi de manière "éthique". Dernier exemple en date : au marché je me suis rachetée une paire de Converse. J'avais usé les miennes il y a des mois et m'étais promis de ne plus porter de chaussures fabriquées dans de telles conditions. Pleine de bonne volonté, je les avais même remplacées par une paire de baskets Veja, lesquelles sont sensées, si vous connaissez un peu la marque, être plus éthiques et écologiques. Sauf que zut ! mes Converses chéries me manquaient trop :-(

Néanmoins, je ne sais pas vous mais quand je découvre quelque chose qui m'a interpellée/choquée et qui mérite d'être connu, j'ai envie de le dire au monde entier. Après, je peux comprendre que certaines personnes préfèrent fermer les yeux et continuer leur chemin, qu'il soit difficile de changer certaines habitudes, surtout lorsque les effets néfastes ne se voient pas immédiatement ou que les potentielles victimes de nos comportements se trouvent loin de nous.
Pourtant, je suis convaincue qu'on y gagnerait tous à sortir de ces croyances qu'on cherche à nous inculquer ;)

3 commentaires :

  1. Très bel article.. Je me reconnais dans ta réaction et ton ressenti face à la remarque de ton père. J'ai moi aussi envie de crier qu'il faut réagir (tu le sais, on en parle souvent). Tout ça m'affole, et pourtant, je suis la première pour acheter des fringues réalisées dans des conditions déplorable. Je n'ai aucune excuse, j'ai très souvent mauvaise conscience même. Ah, qu'il est complexe d'être humain....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Morgane !
      C'est vrai, chacun a ses petites contradictions et c'est normal. Le plus important est d'en avoir conscience mais de ne pas se mettre trop de pression non plus, la culpabilité n'a jamais été la réponse à quoi que ce soit...
      Comme tu dis, qu'il est difficile d'être humain...!
      Gros bisous

      Supprimer
  2. Coucou Marine,
    Je viens de me rendre compte que je n'avais pas posté de commentaire sur cet article, un comble!
    Je suis tellement d'accord avec toi, tellement d'accord avec tout ce que tu viens d'écrire.
    Parfois j'aimerais bien dire aux gens qui achètent n'importe quoi "mais vous savez ce qu'il y a là-dedans?" ou "êtes-vous au courant de la souffrance qu'engendre ces kilos de viande/poisson?".
    Mais voilà je ne le fais pas parce que j'estime que tant que je ne suis pas irréprochable je ne peux pas me permettre de dire aux autres ce qu'ils devraient essayer de voir, penser, faire...
    Je n'achète plus grand chose de "mauvais" mais par exemple parfois j'achètais des pringles, bourrés de cochonneries et de glutamate, alors comment dire aux autres qu'ils mangent n'importe comment?
    Quand je vois ma penderie ou mon placard à chaussures c'est pareil, je n'ai rien d'éthique, par contre j'use jusqu'à la corde mes affaires. Mais ce n'est pas suffisant, il y a toujours des efforts à faire.
    Nous sommes humains, des erreurs on en fait souvent, l'important c'est de toujours chercher à s'améliorer, et comme tu le dis si bien également, à ne pas culpabiliser.
    Au fil des années je me suis laissée dévorer par la culpabilité, pour tout, tous les domaines de ma vie.
    Coupable d'acheter des produits non bio, d'acheter des chaussures made in China, d'acheter du neuf au lieu de l'occasion... Et puis tout récemment j'ai ouvert les yeux, et regardé tout ce que je fais déjà pour la planète, les animaux, les autres humains.
    Et même si j'ai encore des choses à changer/ améliorer, je suis fière de mon avancée, et je compte bien ne pas en rester là.
    ;)

    Merci pour ce super article, ne lâches rien tu es vraiment extraordinaire!

    Alice

    RépondreSupprimer

Laisser un petit mot