samedi 22 octobre 2016

Je n'étais pas une fille à bijoux


Chers petits lecteur d'automne emmitouflés dans votre écharpe douillette (je suis emmitouflée dans mon écharpe douillette) ; aujourd'hui c'est samedi et j'ai envie de vous parler bijoux. Vous savez j'ai un peu hésité à publier cet article - oh pas longtemps hein -, parce que je le pensais futile. Vous parler de mes bijoux, est-ce bien intéressant ? Et puis... pourquoi pas finalement. Qui a un jour décrété que l'on devait toujours parler de choses sérieuses et profondes, philosophiques ?

Plus jeune je n'arrivais pas en porter, quand bien même l'envie m'en prenait (ce qui était rare). Je me souviens au collège, avoir admiré ma meilleure amie et sa facilité déconcertante à adopter de grosses pièces clinquantes, bagues, bracelets qui tintaient à ses poignets et colliers colorés. Moi, je ne sais pas, je n'y arrivais pas... 

Quand il m'arrivait d'en mettre c'est comme s'ils étaient de trop, me gênaient, et je finissais invariablement par les retirer. Soit dans la journée, soit aussitôt rentrée, comme si je me délestais d'un poids trop lourd à porter. C'était bizarre, ce sentiment de ne pas être à ma place en portant des bijoux, comme si cet acte m'était illégitime. Question de confiance en soi peut-être, de trouver sa place...
Ceci dit, c'était pareil pour le maquillage. Quand toutes mes amies ont commencé à se farder les paupières ou à déposer un trait de crayon noir au ras de leurs cils, je n'ai pas réussi à entrer dans la danse. J'ai essayé, pourtant, mais finalement je trouvais que ça ne m'allait pas du tout. Elles me demandaient, mais pourquoi, pourquoi tu ne te maquilles pas ? Et je ne savais pas trop quoi répondre, je trouvais que ça ne m'allait pas, que ce n'était pas moi, voilà tout. Mais je me sentais un peu bête de ne pas faire comme elles, de ne pas lisser mes cheveux comme c'était la mode à l'époque, ni de chercher à "embellir" mon apparence.

Et puis un jour je me suis mise à les porter, ces fameux bijoux, et à adorer ça. J'ai complètement changé d'avis. J'ai découvert que j'aimais les pièces ethniques - et éthiques : les bagues délicates, l'argent, les pierres semi-précieuses et les jolies boucles-d'oreille un peu voyantes - mais pas trop. En réalité, c'est un jour en entrant dans une boutique Artisans du Monde, cette caverne d'Ali Baba, que j'ai eu cette révélation à propos de ces parures et de leurs matériaux nobles.

J'ai commencé par m'offrir une bague, puis des boucles d'oreilles, et je me suis rendue compte que j'aimais vraiment les porter. Que je me sentais bien avec, comme si je ressentais la présence des femmes qui les avaient crées et qu'elles m'accompagnaient avec bienveillance, contrairement à ces pacotilles sans âme que mes amies et moi avions l'habitude d'acheter lors de nos virées en ville du mercredi.

Maintenant il n'est pas un seul jour sans que je porte soit ma bague fétiches, soit un bracelet en pierres ou une jolie paire de boucles-d'oreille (soit les trois en même temps héhé. Christina dirait que ça fait troop ma chériie, tou né peux pas porter les trois en même temps voyons !). Par contre je ne me maquille toujours pas.

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